Bataille des archers
Gravure d’une bataille

  C’est en fait à partir du XIIème siècle, lors de l’affranchissement des communes par Louis VI le Gros, que les compagnies s’organisèrent en confréries militaires qui prirent le nom de guildes en pays germanique et flamand, ou de serments et de connétablies en France. En 1260, Saint Louis publia une ordonnance par laquelle chacun était « requis de prendre exercice du noble jeu de l’arc plutôt que de fréquenter d’autres jeux dissolus » et il s’inscrivit lui-même comme membre d’une confrérie. Le tir à l’arc devint ainsi une pratique répandue dans les campagnes autour des bourgs.

  Le 28 avril 1448, par l’ordonnance de Montils les Tours, le roi Charles VII, créa le corps des Francs Archers appelé ainsi à cause des franchises ou exemptions d’impôts dont ils bénéficiaient. Ces compagnies furent dotées de franchises et de privilèges par tous les rois de France. Pour cette garde nationale chaque ville fournissait un nombre d’archers, « les Francs Taupins » proportionnel à la population, élus et choisis parmi les plus habiles au tir. A la révolution, l’Assemblée Nationale par un décret en date du 13 juin 1790, prononçait la dissolution des Compagnies d’Arc. Les décrets de juillet, septembre et octobre 1791 confirmèrent ces décisions. Le 14 avril 1793, la Convention ordonna la saisie et la vente des biens des ci-devant Chevaliers. L’application des ces décrets fût plus stricte à Paris qu’en province.

  Vers 1800, les Compagnies réapparurent aux environs de Paris et dans le nord de la France et reprirent leurs anciens statuts. C’est pour cela que nous trouvons au Nord de la France jusqu’à la limite de Paris, dans chaque « bourg » une compagnie d’arc.

Archères à la belle époque
Archères à la belle époque

  Vers 1850, les 200 Compagnies de Paris et de l’Ile de France s’organisèrent en Familles (Famille de Beauté, Famille de la Brie, Famille de Noisy-le-Sec, Famille de l’Essonne, Famille des Yvelines, Famille du Pays de France, Famille des Parisiï). Ces Familles se sont regroupées pour former la « Ronde ».

  En 1899, les Familles de l’Ile-de-France fondèrent la Fédération des Compagnies d’arc D’Ile-de-France qui prit un caractère national en 1928 pour aboutir à la Fédération Française de Tir à l’Arc. Elle-même jouera un grand rôle dans la création de la fédération Internationale de Tir à l’Arc, en 1931 à Low en Pologne.

Le tir Beursault, héritage du tir traditionnel

  Pour s’entraîner les Francs Archers allaient bersailler une flèche en aller – retour d’où le nom de « Beursault ».

  Une compagnie est composée d’un logis, d’un jeu d’arc qui est lui-même composé d’une butte d’attaque et d’une butte maîtresse distantes d’environ 50 mètres, reliées entre elles par l’allée du Roy.

  Le fait de tirer une flèche en aller-retour impose certaines règles de sécurité. L’usage veut que, lorsqu’un archer tire sa première flèche il en informe les autres tireurs par un « salut »  : pour cela il se doit de dire « Mesdames, Messieurs, je vous salue ».

  D’autres termes qui peuvent paraître «obsolètes » sont utilisés dans un souci de sécurité, exemple : Gare …… Il est là…… Roulez……

  Vous trouverez dans le lexique certains termes utilisés dans les jeux d’arc.

  Les points au Beursault se comptent en nombre d’ « Honneurs » puis en nombre de « Noirs » Contrairement aux tirs sur cibles anglaises, les points se comptent au désavantage, sauf le noir.

Prix Généraux

  Ce sont des concours annuels organisés dans un jeu d’arc par une compagnie, qui ouvre ses portes pendant plusieurs semaines au moins, les samedis après midi, les dimanches et jours fériés. C’est une période privilégiée qui implique un accueil particulièrement chaleureux.

  Les Sociétaires chargés de l’accueil, « Hommes de Garde », se doivent de veiller au bon déroulement du tir en étant présents dans le « jardin d’arc ». Un Prix Général se tire le plus souvent en 30 haltes (60 flèches). Les tireurs essaient de réaliser le meilleur coup au « Noir » au cours de leur tir. C’est pour cela que les compagnies mettent des « Marmots » afin de pouvoir les piger en fin de Prix Général. Depuis quelques années les Prix Généraux sont ouverts aux tireurs « arc à poulies »